Le fourre-tout et la source
Une université organise une journée d'études sur l'IA : quatre disciplines, quatre réponses « toutes justes ». Le pluralisme y tient lieu de conclusion — le symptôme d'une institution qui voit juste et agit à côté. Car elle a dans les mains ce que l'époque rend rare : son corpus, cette matière singulière qu'aucun modèle ne fabrique. Mis en moteur sémantique, interrogeable à la source, il la déplacerait au lieu de la commenter. Elle organise une table ronde. L'université défend le mauvais monopole : le savoir, l'accès, l'organisation ont cédé ; la médiation — son cœur — est exactement ce que l'outil fait nativement ; et la production de pointe migre vers les laboratoires qui tiennent les grands modèles, que l'Europe n'a pas. La rareté a changé de côté sans que le détenteur s'en aperçoive. Pourquoi ne construit-elle pas ? Parce que « faire » ne signifie, dans sa grammaire, que réunir — l'habitus a sélectionné contre le geste qui la sauverait. Et la demande cède aussi : démographie, échelon junior absorbé par l'automatisation. Ce n'est pas une crise, c'est la fin d'une forme — l'université de masse. Reste à repartir de la mission : une base dense et courte, puis la sortie dans le réel.
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