Pierre-Jean Tribot · note

La mort de la métadonnée

Depuis toujours, on décrit les documents de l’extérieur — mots-clés, classifications, résumés. Cette couche était une béquille pour des machines qui ne savaient pas lire. L’IA lit désormais le texte entier : décrire à la main un contenu numérisé ne sert presque plus à rien, et la recherche sémantique enterre le mot-clé. Mais la métadonnée ne meurt pas, elle change de régime. La seule chose que la machine ne peut pas déduire du texte, c’est son origine : qui l’a écrit, quand, d’où il tient son autorité. La question bascule de « de quoi ça parle » — la machine le sait — à « qui le garantit ». Du tag au tampon : la valeur migre de la description vers la preuve, et vers l’autorité de ceux qui certifient.

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